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mercredi 9 octobre 2013

Prison - "S'évader" par le travail

C'est un endroit prisé du centre pénitentiaire de Meaux. Après quatre mois d'attente en moyenne, une centaine de détenus peuvent travailler à l'atelier. Le salaire est bien inférieur au Smic, mais pour beaucoup, cela permet de passer quelques heures par jour hors de la cellule.
 
L'entrée du centre pénitentiaire de Meaux

"Ce que les Chinois ne veulent pas faire, nous, on le fait". À moitie sur le ton de la plaisanterie, Jean-Pierre* ne s'arrête pas de travailler quand il parle. Lui et ses collègues codétenus reconditionnent des CD, debout face à une vaste table. Ils sont payés à la pièce. En travaillant près de 6h par jour Jean-Pierre dit tirer un bon 300 euros mensuels nets, une fois déduits les parts obligatoires pour les parties civiles et pour son pécule de sortie. Jean-Pierre ne se plaint pas. "Si on voulait un salaire normal, il fallait aller travailler à l'usine à l'extérieur".

Comme la plupart de la centaine de détenus qui fréquentent l'atelier, Jean-Pierre estime qu'il a de la chance de pouvoir travailler. Si l'on ajoute ceux qui font le ménage ou la cuisine dans la prison, seul un quart des occupants du centre pénitentiaire ont accès a un emploi. Il faut patienter en moyenne quatre mois pour obtenir une place.

Les travailleurs comptés

Jean* lui a dû en attendre six. "C'est long, très long", se souvient celui qui est aujourd'hui cariste. Pendant cette période, il exploitait toutes les autres possibilités pour sortir de cellule: promenade, bibliothèque ou sport. Aujourd'hui travailler lui apporte "beaucoup". "Cela permet de suer, penser a autre chose, ne pas rester cloitré" confie Jean qui a eu des pensées suicidaires. Pour lui il s'agit aussi de montrer a ceux qui sont dehors qu'il a gagne en "maturité", à son fils "que papa a grandi".

Jean n'envisage d'ailleurs a priori pas d'imiter un ancien détenu de l'atelier. Caché au milieu des cartons devant des livres, il s'était évadé a bord du camion venu les chercher. C'était en 2006. Depuis les travailleurs sont systématiquement comptés avant tout départ de marchandises.
*Les prénoms ont été modifies

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