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lundi 21 octobre 2013

Quatre ans de prison requis contre l’ex-patron des gendarmes de Fréjus

Après douze heures d’audience, le jugement de François Levan, l’ancien patron de la compagnie de gendarmerie de Fréjus, a été mis en délibéré. Il s’est dit innocent.
 
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Quatre ans de prison ferme ont été requis vendredi contre l’ex-capitaine de gendarmerie François Levan, devant le tribunal correctionnel de Draguignan.
L’ancien commandant de la compagnie de gendarmerie de Fréjus était au principal poursuivi pour avoir détourné, dans l’exercice de ses fonctions, 95 kg de résine de cannabis saisie, et avoir utilisé un faux procès-verbal de destruction pour dissimuler cette disparition.

Au terme d’un véritable marathon judiciaire, après plus de douze heures de débats, l’audience a été levée à 2h45 l’avant-dernière nuit. Dans ce procès dense, dont l’issue semble très ouverte, la défense a unanimement plaidé la relaxe pour un officier de valeur « traîné dans la boue ».

Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 16 janvier prochain.

Pas l’attitude d’un commandant

Au passif du capitaine Levan, est restée cette décision incompréhensible d’aller tout seul incinérer dans la campagne les scellés de résine de cannabis. De l’avis général, il suffisait à ce commandant de compagnie de donner l’ordre à l’un de ses soixante-trois subordonnés pour être obéi.

De ce comportement paraissant suspect, le procureur Pierre Arpaia a déduit qu’il s’agissait d’une destruction fictive. « Détournement, il y a eu.Où sont passés les stupéfiants? Il n’y a pas répondu.Mais ils n’ont certainement pas été brûlés. »

Pour l’accusation, les photos qu’avait prises François Levan du brasier qu’il avait allumé ne démontraient rien.

« On voit des flammes sur des emballages, mais on ne sait pas s’ils sont vides. »

Train de vie

Selon la thèse initiale, le capitaine Levan aurait négocié la drogue, représentant une valeur de 200000e, pour financer un train de vie hors de proportion avec ses ressources : « Une villa achetée 500000e, une Porsche Cayenne à 40000e, un couple endetté à 56 %. »

Pour autant, le volet financier de l’enquête n’a pas démontré d’enrichissement personnel, et les charges de cession de stupéfiants n’ont pas été retenues contre l’officier.

Il a fait des jaloux

François Levan, l’ex-capitaine passionné par la procédure judiciaire, couvert d’éloges par ses supérieurs, était amer à la barre. Pour lui, il avait été victime de la jalousie d’un subordonné et avait ensuite été lâché par sa hiérarchie, en raison de son profil atypique.

« Dans la gendarmerie, un officier c’est quelqu’un dont la femme ne travaille pas, qui s’habille modestement, qui roule en monospace et qui va à la messe en famille. Moi non.J’ai un 4x4, des vêtements de marque, une épouse qui travaille, et je ne vais pas à la messe. »

Après avoir démissionné de la gendarmerie, François Levan s’est reconverti dans l’hôtellerie en 2009 à Marseille.Son épouse, qui soutient sans faille l’homme de sa vie, a indiqué que leur couple était endetté à vie, avec 3000e de crédit à rembourser chaque mois sur 4000e de revenus.

Mobile fuyant

En défense Me Christian Scolari (Nice) a plaidé la relaxe avec vigueur. « Le mobile du détournement c’est quoi, a lancé Me Olivier Morice. L’enrichissement personnel? Si Levan a détourné ces stupéfiants, il en a certainement tiré un bénéfice considérable. Le procureur reconnaît qu’il ne peut pas le prouver.Alors il reste quoi? Rien. »

Le fameux pénaliste parisien a dit sa conviction que l’enquête préliminaire menée dans le Var, avait été à un moment instrumentalisée au profit de la procédure qui attend François Levan à Bastia, où des faits en partie similaires lui sont reprochés. Selon lui, les magistrats corses n’avaient pas souhaité joindre les faits de Fréjus à leur dossier, parce qu’ils jugeaient les charges trop fragiles.

Le tribunal s’est laissé le temps de la réflexion, d’autant que des griefs susceptibles d’entraîner la nullité de la procédure ont été invoqués par la défense.
 

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