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mardi 22 octobre 2013

Travail carcéral - "Même en prison, on ne doit pas être exploité", dit une ex-détenue

Marilyn Moureau, une ancienne détenue, revient sur son combat pour faire appliquer le droit du travail dans le milieu carcéral.

Une prison (illustration)
 
Elle est à l'origine d'une première historique. En février dernier, Marilyn Moureau a fait condamner son employeur devant les prud'hommes pour rupture abusive de son contrat de travail. Une décision qui a surpris le monde judiciaire puisque l'affaire se passe en prison, où le droit du travail ne s'appliquait pas jusqu'à présent.

"On peut très bien avoir transgressé la loi sans être obligé de se faire exploiter et être payé moins qu'une femme de ménage", se félicite l'ancienne détenue au micro de RTL.

Payée "1.90 euro de l'heure"

Incarcérée à la maison d'arrêt de Versailles, pour "coups mortels sur concubin sans intention de tuer", Marilyn Moureau demande à travailler pour "continuer à avancer et ne pas continuer à ruminer de mauvaises choses". En 2010, la jeune femme devient ainsi "télé-opératrice" pour la plate-forme téléphonique MKT Societal et fait "des enquêtes de satisfaction pour des clients comme Free".

Jusqu'au jour, en avril 2011, où elle est "déclassée" - il n'existe pas de licenciement en prison, mais des "classements" et "déclassements" au travail. "On m'a dit du jour au lendemain, c'est terminé", explique-t-elle. "On m'a reproché d'avoir passé un coup de fil personnel. Ils se sont aperçus que j'avais téléphoné à ma sœur. Ça faisait six mois que j'étais détenue et j'avais besoin de lui parler. J'ai profité de l'occasion", concède-t-elle.

Plaidant la bonne foi, elle décide cependant de contester son licenciement. "Je m'aperçois que le nombre d'heures que je fais ne correspond pas à la réalité et que le taux horaire n'est pas respecté. On était censé être payé 5 euros brut de l'heure et certains mois je ne touchais que 1.90 euro de l'heure", assure l'ex-détenue.

Un combat pour tous les détenus

Après avoir saisi le conseil des prud'hommes avec son avocat, Fabien Arakelian, Marilyn Moureau se rend compte que le droit du travail ne s'applique pas en prison. "Je n'ai rien à redire au motif de mon licenciement. Je reconnais mes torts. Mais ce qui n'est pas normal, c'est que, même en prison, on soit exploité", regrette-t-elle.

Aussi, après l'avoir transgressé, elle demande l'application du droit du travail en milieu carcéral. "Je ne trouve pas ça contradictoire. On peut très bien avoir transgressé la loi. Pour autant on n'est pas obligé de se faire exploiter et d'être payé moins qu'une femme de ménage", lâche l'ancienne détenue.

Au final, les prud'hommes ont jugé que MKT Societal était bien son "employeur", établissant pour la première fois un lien juridique entre un détenu et un autre établissement que l'administration pénitentiaire. Un combat salutaire, qu'elle ne s'attendait pas à voir prendre "une telle ampleur". "Mais c'est une bonne chose pour tous les détenus qui demandent à travailler. Sans travail, les journées sont longues", conclut-elle.

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