lundi 20 janvier 2014

Une mère de famille raconte son incarcération à la prison de Sequedin

TÉMOIGNAGE – Incarcérée pendant trois mois à la prison de Sequedin, près de Lille, Josina Godelet a écrit tous les jours les conditions de sa détention dans un carnet de bord. A sa sortie, son récit séduit un éditeur et devient un livre. Rencontre.
 
Une mère de famille raconte son incarcération à la prison de Sequedin
 
Josina Godelet est sortie de la prison de Sequedin en avril dernier. Elle y sera restée trois mois, après avoir été condamnée pour escroquerie, faux et usage de faux. Dès son arrivée, cette femme de 41 ans décide de coucher ses impressions sur papier. "Dans le kit qu’on nous donne, il y avait un carnet et un stylo. J’ai tout de suite commencé à écrire ce que je ressentais, raconte-t-elle. Et tous les jours, jusqu’à ma sortie, je transformais mes expériences et mes sentiments en mots pour lutter contre l’isolement et le manque de mes enfants."

Pour cette maman de cinq ans enfants, la peine est dure. "J’assume mes actes, mais je ne pensais pas me retrouver avec des femmes qui ont commis des infanticides ou des actes de pédophilie. Je croyais qu’on était triées selon la gravité des délits commis, mais non", se remémore-t-elle.

Ne pas sombrer dans la dépression

C’est toutes ces rencontres qu’elle raconte dans son journal de bord*. Ces amitiés aussi qu’elle a nouées avec d’autres détenues. "Pour tenir le coup et ne pas sombrer dans la dépression, j’écrivais, je priais et je travaillais, explique Josina. Un mois après mon incarcération, j'ai pu devenir auxiliaire." Elle fait donc le ménage et distribue les repas. Parfois même, pendant le travail, elle peut s’accorder quelques moments de convivialité en buvant le café avec d’autres auxiliaires.

Mais, après l’évasion spectaculaire de Redoine Faïd, ce petit plus est suspendu. "Son évasion a été brutale, témoigne-t-elle. On a entendu de grosses explosions. J’étais de service et les surveillants nous ont dit de regagner rapidement nos cellules. J’ai dû me cacher sous une table tellement j’ai eu peur. Les murs ont tremblé." Pour celle dont la sortie était prévue le lendemain, elle croit voir venir la fin. "Aujourd’hui encore quand j’entends des secousses, je sursaute. Son évasion a marqué la fin de certaines activités et les promenades ont été réduites", poursuit-elle.

Sortie en avril pour bonne conduite, Josina Godelet est aujourd'hui assignée chez elle à Steenwerck, avec un bracelet électronique à la cheville pendant encore cinq mois. Depuis son carnet de bord, initialement écrit pour ses enfants, est devenu un livre dans lequel elle raconte son parcours et les conditions de sa détention.

*Journal de bord d’une détenue, Josina Godelet, éditions Edilivre

Metronews

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