jeudi 24 mars 2016

Dans l'Orne, le détenu agresse trois surveillants avec... un pot de Nutella

Trois surveillants ont été frappés à coups de pot de Nutella, par un détenu de la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne), le 14 février 2016. Le détenu a été jugé, mercredi 23 mars 2016

Photo d'illustration : serafini2012/CC/Flickr

C’était le dimanche 14 février 2016, dans le centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, près d’Alençon, dans l’Orne. Vers 11h, un détenu de 31 ans frappe trois surveillants avec un pot de Nutella de 500 grammes, glissé dans une chaussette.


Trois surveillants sont blessés, recevant des coups au visage, sur le torse et au poignet. Un des surveillants a écopé de trois jours d’ITT (incapacité totale de travail), deux jours pour un autre. Le troisième a été touché, mais n’a pas reçu d’ITT.

Un procès sans le prévenu

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Jugé dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate, mercredi 23 mars 2016, au tribunal d’Alençon, l’homme de 31 ans a refusé de se rendre à son procès. « Nous n’allons pas faire le jeu du détenu. Il lui a été offert la possibilité d’être jugé », fait remarquer en début d’audience le procureur de la République. La scène est donc racontée par le président, une vidéo et les surveillants.

 La veille de l’agression, le trentenaire appelle un médecin pour crise d’épilepsie. Trois surveillants arrivent dans sa cellule, préviennent le médecin, qui ne peut arriver qu’une heure plus tard. « Nous l’avons mis en position latérale de sécurité (PLS), posé une couverture sur lui et un oreiller sous sa tête », assure un des gardiens. L’homme racontera avoir eu « la peur pour sa vie », avoir été maltraité par les surveillants et « ne pas se sentir en sécurité dans la prison ».

Une agression préméditée

Le dimanche 14 février 2016, il demande à aller passer un coup de téléphone à son frère, à qui il annonce qu’il va commettre une « dinguerie ». Et au moment de rentrer dans sa cellule, il attrape la chaussette au pot de Nutella, cachée dans une poubelle, et frappe en quelques secondes les trois surveillants, présents lors de sa crise d’épilepsie, la veille.

« C’est très rapide et très violent », souligne le président. « Comme ils m’ont fait mal, j’ai voulu faire pareil. J’aurais pu mettre des lames de rasoir dans la chaussette », aurait déclaré le détenu, lors de l’enquête.

“Le prévenu a choisi sa victime, son arme, son moment. Il a porté des coups à hauteur du visage. Il aurait pu fracasser la tête d’une de ses victime », s’alarme le procureur de la République, qui requiert quatre ans de prison ferme”

“Le détenu venait d’apprendre son transfert dans une autre prison, il était agacé par le manque de communication qui règne dans la prison, a tenté de défendre l’avocate du prévenu. Ses coups s’adressaient à l’administration pénitentiaire en général, pas à ces surveillants spécifiquement.”

L’homme, qui possède 32 mentions à son casier judiciaire pour des faits de violences, a écopé de trois ans de prison ferme. Sauf aménagements de peines, il restera en prison, jusqu’en 2041.

Normandie-Actu

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