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mardi 25 octobre 2016

Véronique Lardé s’est suicidée à l’issue de son premier jour de comparution

C’était lundi le premier jour du procès de Véronique Lardé, accusée de l’assassinat de Frédéric Butanowicz, son dernier compagnon. 

PHOTO ILLUSTRATION SAMI BELLOUMI

Elle niait farouchement et Me Blandine Lejeune, son avocate, entendait plaider l’acquittement. L’accusée s’est donné la mort dans la nuit de lundi à mardi, à la prison de Sequedin. La famille de la victime est effondrée. Il s’agit du septième décès à la maison d’arrêt de Sequedin depuis début 2016.

C’est un procès qui aurait pu être renvoyé. La défense l’avait demandé, lundi matin, parce que Me Lejeune n’a été désignée que trois semaines avant le début de l’audience. «  C’est trop peu pour connaître le dossier, ma cliente, et je n’ai même pas eu le temps de faire citer des témoins pour sa défense  », a plaidé l’avocate lilloise. En quelques minutes de délibéré, la cour avait rejeté cette demande, et la première journée d’audience a été plutôt violente pour Véronique Lardé.

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Loïc Bussy, l’un des avocats de la partie civile, et Blandine Lejeune s’accordent là-dessus : l’accusée a entendu des mots assez durs à son encontre. «  La famille de Frédéric Butanowicz est en colère, dit Me Bussy. Ces gens se sentent privés de la vérité qu’ils attendaient. À l’audience, ils avaient l’espoir que Mme Lardé leur disent ce qui est arrivé à leur fils ou frère, et maintenant, ce ne sera plus possible. C’est très douloureux. Un mélange de peine et de colère…  »

Accusée d’avoir empoisonné son compagnon

Drôle de personnalité que celle de Véronique Lardé, qui s’est longtemps fait passer pour le médecin qu’elle n’a jamais été, et dont le parcours est parsemé de drames. C’est ce parcours-là que la cour d’assises avait commencé à scruter, en commençant par la personnalité de l’accusée. À partir d’aujourd’hui, il allait être question des faits eux-mêmes, c’est-à-dire de la mort de Frédéric Butanowicz. Pour le juge d’instruction, qui a retenu d’une expertise toxicologique la présence d’une forte concentration de médicaments dans le corps de la victime, c’est Véronique Lardé qui l’a empoisonné.

« Je me serais battue bec et ongles pour l’acquittement de cette femme ! »

Dans le dossier, figurent les témoignages d’autres proches qui la soupçonnaient également d’empoisonnement, et même l’expertise toxicologique réalisée post-mortem sur son premier mari ; là encore, elle révèle la présence de médicaments. Une histoire étonnante mais aucune certitude. «  Le médecin légiste n’affirme même pas que M. Butanowicz est réellement mort d’empoisonnement  », souligne Me Lejeune : «  Je me serais battue bec et ongles pour l’acquittement de cette femme !  »

Défaut de surveillance ?

Après le suicide de l’accusée cette nuit à la prison de Sequedin, il reste une famille désemparée, et de la colère d’un côté comme de l’autre de la barre. Mes Lejeune et Bussy se rejoignent pour envisager une action contre l’état pour défaut de surveillance. «  Une information pour recherche des causes de la mort est ouverte, dit Me Lejeune, je vais me constituer partie civile.  » La famille de Frédéric Butanowicz envisage la même démarche. «  Nous avions tous vu que l’accusée était très ébranlée, à la fin de cette audience difficile, précise Loïc Bussy. Il était évident qu’il fallait la surveiller particulièrement, même si elle était en détention préventive depuis quatre ans. »

Véronique Lardé a été découverte morte, pendue dans sa cellule de la maison d’arrêt pour femmes de Sequedin lors de la ronde de 6 heures, effectuée par les surveillants pénitentiaires, ce lundi matin. Elle a laissé une lettre d’adieu de cinq pages.

Véronique Lardé était écrouée à Sequedin, en détention provisoire, depuis trois ans et elle avait, de source pénitentiaire, « un comportement irréprochable, peu communicative, mais super correcte avec les personnels ». Elle travaillait à la buanderie, et envoyait l’argent qu’elle gagnait à son fils. Aucun signe d’un comportement suicidaire n’avait été diagnostiqué.

C’est le septième décès, dont cinq suicides, à la maison d’arrêt de Sequedin depuis début 2016.

La Voix du Nord

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