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vendredi 14 avril 2017

Prisons : le grand malaise des gardiens

Alors que le taux d’occupation dans les prisons françaises bat des records, le personnel pénitentiaire manifeste cette semaine pour dénoncer ses conditions de travail, qu’il juge alarmantes.

Hier matin, une soixantaine de surveillants ont bloqué l’accès à la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis), dont le taux d’occupation a atteint 201  % fin mars.  Photo AFP

« Ça fait des années qu’on manifeste, il y a un ras-le-bol collectif », affirme Erwan Saoudi, délégué FO pénitentiaire. Cette semaine, les surveillants de prison ont bloqué successivement la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, la plus grande d’Europe puis celle de Villepinte, hier.


Objectif : alerter l’opinion publique et l’administration pénitentiaire sur la dégradation de leurs conditions de travail.

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Les prisons sont surpeuplées

Le nombre de détenus dans les prisons françaises a atteint un nouveau record en mars avec 69 430 personnes incarcérées. Dans les maisons d’arrêt, le taux d’occupation est de 142 %. « On désengorge d’un côté pour engorger de l’autre », constate Nicolas, qui travaille à l’accueil du personnel détenu à Fleury-Mérogis.

Cet automne, le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas avait annoncé la création de 16 000 places de prisons. L’Observatoire international des prisons estime que la mesure ne fera qu’augmenter le nombre de personnes incarcérées.

Manque de personnel

À la surpopulation s’ajoute la multiplication des déplacements et activités des détenus, le problème de la radicalisation… Qui alimentent l’insécurité. Les surveillants, en effectif insuffisant, selon eux, pour assurer des tâches toujours plus nombreuses (en 2015, on comptait 37 801 agents pénitentiaires dont 27 115 personnels de surveillance) ne peuvent plus fouiller les cellules. Ils multiplient les heures supplémentaires, sont rappelés sur leurs jours de repos. « On se rend compte qu’on vieillit plus vite que la moyenne, des collègues sombrent », dénonce Erwan Saoudi.

En 2015, l’Institut de veille sanitaire estimait que les suicides étaient 20 % plus nombreux chez les surveillants pénitentiaires que dans la population générale.

Un rapport présenté début avril au ministre de la Justice évalue le besoin de recrutement à 29 000 agents dans les dix prochaines années. « On nous dit qu’on recrute 2 500 surveillants chaque année, certes, mais combien restent ? », interroge Julien, en poste à Villepinte depuis neuf mois.

Des violences quotidiennes

Car leur quotidien, c’est « se faire insulter, cracher dessus tous les jours, pour 1 500 euros », selon Erwan Saoudi. Des violences récurrentes de la part des détenus, aussi bien verbales que physiques.

Julien déplore l’absence de réponse ferme de la part de la justice : « Un détenu m’a craché dessus, j’ai porté plainte, elle a été classée sans suite ». « À part un sifflet, on n’a rien pour se défendre, regrette un gardien de Fleury-Mérogis, qui souhaite rester anonyme. Il faudrait une légitime défense plus appropriée, qu’on ait le droit au moins à une matraque, face à un détenu avec un couteau… ».

Une crise venue d’en haut ?

À Fleury-Mérogis, les surveillants ont réclamé le désengorgement de leur établissement, des effectifs supplémentaires et des fouilles à nu facilitées.

Les propositions formulées mardi par l’administration pénitentiaire ont été jugées « insuffisantes ».

Le directeur de l’administration pénitentiaire, Philippe Galli, nommé en septembre 2016, a démissionné fin mars. Pour Willy Saib, délégué FO à la prison de Bois-d’Arcy, « c’est la preuve que tout va mal »....

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